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Casting pour New York

Episode 13

La dernière soirée chez Gloria

Tout le monde s’était retrouvé chez Gloria et Augusto. La maîtresse des lieux avait encore fait le coup du rideau de la loge à Robert, pour que son mari voie sa tête.

Augusto accueillit Robert d’une tape franche sur l’épaule. L’accent du mari de Gloria et le mélange de mots de Robert donnèrent lieu à quelques confusions qui firent rire l’assemblée.

Polo avait apporté un joli bouquet de fleurs à l’hôte des lieux. Ravie, elle le déposa au milieu de la table somptueusement dressée. Comme le dîner était prévu depuis deux jours, elle avait eu le temps de tout organiser. La nappe, la vaisselle, les verres, les couverts et le chemin de table, tout était soigneusement disposé, ce que Robert n’avait pas manqué de souligner.

« Gloria mais c’est sublime ce table. C’est encore mieux la décoration que à l’Arpège.

– Robert, vous me flattez.

– Ah mais pas du tout. Si un jour je ouvre un restaurant ou salon de tea je vous appelle pour faire le chef de la déco. Vous serez Ok j’espère.

– Méfiez-vous je pourrais dire oui.

– Ah mais Robert, Gloria doit aussi écrire un livre.

– Oh Castille arrête !

– Interesting ! Un livre de quoi ?

– Gloria, sans bouger de l’immeuble, a vécu plein d’histoires, des drôles, des moins drôles, des touchantes. Elle pourrait raconter que le monsieur du 2ème étage pique les ampoules dans le bâtiment B pour ne pas avoir à en acheter, que les plantes de l’entrée sont arrosées par la dame du premier car elle a été fleuriste et qu’elle pense faire ça mieux que Gloria. Et surtout, elle a quand même aidé à mener une enquête ! Ça vaut un livre.

– Ah mais dans ce cas il faut faire un série aussi avec Gloria en agent secret. C’est un vrai couverture cet métier.

– Vous voyez Gloria, vous allez finir à Hollywood ! »

Tout le monde semblait à l’aise et heureux. Cette dernière soirée n’était qu’un au revoir après tout. Castille observait l’assemblée en se disant qu’il y a à peine quelques jours elle n’aurait jamais imaginé une telle scène. Elle avait bien fait de répondre à cette annonce. Castille mesurait sa chance de connaître des personnes aussi différentes, c’est ce qui faisait sa richesse. Elle était heureuse. Elle eut un petit pincement au cœur à l’idée de les laisser, mais elle savait aussi que c’était son choix, que tous ici l’approuvaient et qu’avec tous les moyens de communications qui existaient ce serait facile de garder contact. Mais les changements sont toujours sources de questionnements mêlés d’appréhension.

Le repas avait duré longtemps entre l’apéritif, les anecdotes de l’immeuble, les idées de Robert. Pour lui, tout était réalisable, il fallait juste oser. Même si parfois il ratait, il se disait que ce n’était pas grave. Cette mentalité américaine pour tout ce qui est de ne pas avoir peur d’entreprendre, et surtout ne pas avoir peur de l’échec, était une leçon que la génération de Castille, Nadège et Polo devait garder en tête pour ne pas se décourager, ni baisser les bras lorsque quelque chose ne fonctionnait pas.

Polo trouvait Robert rassurant. Il aimait bien son état d’esprit et se disait que Castille se plairait chez lui.

Pour le dessert, Gloria servit des Pasteis de nata. Elle avait demandé à Augusto de passer chez Confeitaria do Bolhao quand il était au Portugal. Il rapportait toujours des pâtisseries mais là, il était rentré chargé ! Castille aimait beaucoup ces petits gâteaux et elle n’était pas la seule. Pour Robert, c’était une découverte. Tout naturellement, il dit :

« Un prochaine fois on pourrait aller passer une week end à Porto, non ?

– Tout est possible avec vous Robert. On a la place à la maison. Il faudrait plutôt venir en août car je suis en vacances. »

Gloria s’y voyait déjà elle aussi. Il faut dire qu’elle aimait recevoir et son mari aussi. Sa loge était bien trop petite alors elle compensait l’été. Polo, Castille et Nadège connaissaient déjà les lieux.

La soirée était bien avancée. Nadège se leva.

« Alors voilà, c’est notre dernière soirée avant ton départ ma Castille. Bien sûr tu ne pars pas longtemps mais quand même. Pour que tu ne nous oublies pas - mais est-ce que tu peux nous oublier ? - Nous t’avons concocté une petite surprise. »

Elle sortit une boîte emballée avec un joli papier cadeau. Une boîte à chaussures, certainement. Castille sourit, un peu émue.

« Qu’est ce que c’est ?

– Ah ! Tu n’auras le droit de l’ouvrir que lorsque tu seras arrivée !

– Vous rigolez !

– Pas du tout ! Est ce qu’on a l’air de rire ? Bon tout ce qu’on peut te dire c’est que tu penseras à nous tous les jours car tu auras quelque chose de nous à découvrir tous les jours ! Gros teasing !

– Ah mais vous avez fait des cadeaux pour tous les jours ! Oh mais moi je veux être là pour voir. Tu m’appelleras pour me montrer tous les matins. C’est un chouette idée. On pourrait faire ça des “box” vous dites aussi ici.

– Robert, vous extrapolez toujours toutes vos idées ?

– Mais Castille il faut ! Sur le nombre d’idées tout ne fonctionne pas alors il faut en avoir un paquet ! »

La soirée se poursuivit tard dans la nuit. Personne n’avait envie de partir car tous passaient un bon moment. Castille savait que de toutes les façons elle ne trouverait pas le sommeil tellement elle avait hâte d’être dans l’avion.

A trois heures du matin, tout le monde partit. Robert prit un taxi et donna rendez-vous le lendemain à Castille devant son immeuble.

Nadège et Polo dormirent chez Castille.

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