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Casting pour New York

Episode 5

Le jour J chez Angélina

Castille avait prévu son code avec Nadège : deux émojis qui font la grimace elle intervient ; deux émojis qui sourient tout va bien ; trois émojis qui sourient elle intervient pour faire en sorte de se joindre à eux « par hasard ».

Elle avait mis un pantalon à pinces noir, un chemisier vert pomme, et une paire de derbies vernis. Elle avait fait un chignon sans trop tirer ses cheveux et laissé quelques mèches de chaque côté de son visage. Elle ne s’était pas maquillée de peur de laisser des traces de rouges à lèvres sur sa tasse ou sur sa serviette. Elle se sentait parée à toutes les situations.

Arrivée avec une avance confortable au rendez-vous, elle se sentait légère. Elle n’avait rien à perdre et Nadège était prête à jouer la garde rapprochée si jamais c’était un plan foireux.

Quand Robert arriva devant Chez Angelina, Castille le reconnut tout de suite. Elle sourit en le voyant scruter la liste des pâtisseries devant l’entrée.

Elle s’approcha doucement pour ne pas l’effrayer puis tenta, avec l’accent, un timide :

« Robert ?

– Oui c’est moi.

– Je suis Castille, elle lui tendit la main, enchantée.

– Moi aussi je suis enchanté. Excuse le vocabulaire mais je préfère parler France ici, si ça te dérange pas. »

Castille trouva son accent charmant, elle aurait aimé parler un anglais aussi fluide que son français. Le petit doigt qu’elle n’avait plus lui souffla que cela ne tenait qu’à elle de se donner les moyen d’y arriver.

Le petit doigt qu’elle n’avait plus savait l’encourager mais aussi lui faire des mini leçons de moral. Castille savait à quoi s’en tenir : Ce contrat entre elle et elle-même était quelque chose de précieux.

« Bien sûr je comprends. Je vais essayer de ne pas parler trop vite. Vous savez comment c’est.

– Oui t’inquiète pas. On entre ? Ça fait un infini que je ne suis pas venu ici.

– Ah oui ! Moi je passe devant tous les jours et j’ai déjà goûté leurs macarons, mais je dois vous avouer que je n’ai jamais osé entrer.

– Ah mais il faut toujours oser.

– Vous avez raison. »

À l’intérieur ils furent accueillis et placés non loin de l’entrée. Ce qui arrangeait Castille, si jamais Nadège devait débarquer. Ceci dit, Robert lui inspirait déjà confiance. Oui, une vraie gentillesse se dégageait de lui, bien qu’elle ne sache comment l’expliquer.

Castille n’avait rien raté du décor « Belle époque » et de l’ambiance qui régnait dans cet endroit. Elle savait que Proust, Coco Chanel et de grands couturiers étaient venus ici. Chez Angélina, LE lieu où l’aristocratie se donnait rendez-vous. Elle se disait qu’un jour elle inviterait Gloria, la gardienne serait aux anges.

Assis l’un en face de l’autre, le menu dans les mains, les deux inconnus s’observaient discrètement.

Au moment de la commande, Robert fit un signe discret à Castille pour l’encourager à parler la première.

« Je vais prendre un Paris-New York (Castille y voyait un signe) et un thé vert au jasmin, s’il vous plaît.

– Moi je vais prendre votre montagne et le thé pareil. »

Castille regarda Robert, interloquée. Sa commande ne figurait pas sur la carte. Sûrement un secret d’initiés, se dit-elle.

Mais le serveur semblait aussi perdu qu’elle. Le sourcil froncé, il précisa :

« Par “montagne”, vous voulez dire “Mont Blanc” je suppose ?

– Oui, pardon pour le faute ! Mais oui c’est Mont Blanc. »

Il sourit en rougissant légèrement. Quand Castille croisa son regard, tous deux rirent de bon cœur.

« Je confonde parfois les mots et c’est gênant de temps en temps. Mais bon avec ma accent les gens savent et tout va bien.

– Oui je vois, mais vous savez c’est charmant, et puis ça permet de discuter et de mettre tout le monde à l’aise. J’aimerais bien maîtriser l’anglais aussi bien que vous le français.

– Oh pas très compliqué notre langue. Ça viendra vite. Je vais vous en dire plus sur mon annonce. Vous avez dû trouver ça strange, non ?

– Oui un peu mais je suis surtout curieuse. C’est ce qui m’a donné envie de répondre. Et puis, j’ai tellement envie de retourner à New York... et j’adore patiner. Alors tout était réuni pour que je vous écrive ! »

Les pâtisseries et les boissons furent disposées sur la table, sous le regard gourmand de la jeune femme. Castille se promit d’inviter Gloria avant de partir. Oui, Castille se voyait déjà à New York.

« Alors dites moi tout Robert. »

N’entendant pas de réponse, elle leva la tête. Robert avait les yeux fermés, une cuillerée de Mont Blanc dans la bouche, il savourait le moment. Castille l’observait en souriant. Elle aimait sa façon de profiter de l’instant. Elle n’osa rien dire jusqu’à ce que Robert ré-ouvre les yeux.

Devant le sourire de Castille, Robert resta un moment figé.

« Ça fait longtemps que je suis venu ici. Mon mère m’emmenait quand on voyageait à Paris avec mon père. Je adore le Mont Blanc. Cette goût, je crois revenir en childhood, je connais pas le mot en français, désolé.

– En enfance. J’ai bien compris quand j’ai vu votre tête. Ça devait être une période heureuse et un joyeux souvenir.

– Oui. Je adore la France et dès que je peux venir je dis à ma secrétaire de me réserver deux jours en plus pour profiter de tout ici. Je être gourmand, je visite beaucoup de restaurants aussi. Vous aimez les restaurants ? »

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