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Casting pour New York

Episode 6

Robert est une pipelette et Nadège débarque

Castille écoutait Robert lui parler de ses voyages en France, avec ses parents lorsqu’il était petit, puis grâce au travail et parfois en famille.

« Mon mère était copine avec Iris Apfel. You know cette femme ? »

En disant ces mots, Robert avait levé les mains en l’air pour faire comprendre qu’elle était grande, puis avait mis ses mains en forme de grosses lunettes devant les yeux.

« Oui je connais Iris Apfel bien sûr. J’adore la mode.

– J’ai cru comprendre. Vous êtes élégante. La classe, c’est comme ça qu’on dit ? Et donc je venais souvent avec mon mère et Iris pendant les défilés de mode. C’était barbant quand j’étais petit, après j’ai aimé et j’en ai fait mon métier. Ah oui je t’ai pas dit je travaille dans le création de vêtements pour les maisons de couture.

– Ah, c’est pour ça que vous venez plusieurs fois par an ici.

– Oui six fois peut-être plus. Quand on aime on compte pas n’est ce pas ? »

Castille trouvait Robert touchant et bavard, elle aimait bien sa compagnie. Elle se disait aussi qu’il allait bien finir par lui expliquer ce que signifiait concrètement son annonce.

« Bon excuse je parle trop. Je vais te dire ce que je cherche avec mon annonce. Ma fille Brenda a 9 ans et j’ai envie qu’elle apprenne le français. Elle est un peu comme sa mère.

– Sa mère aussi veut apprendre le français ? »

Castille avait prononcé cette phrase avec enthousiasme.

Robert, un peu navré, ajouta :

« Hum pas tout à fait. Je vous raconte. Ma fille est têtue, comme sa mère. Alors elle ne veut pas apprendre le français. Je sais que c’est indispensable pour sa futur si elle veut faire un métier comme moi. Mais bon, elle pense que je suis riche et que dans sa vie elle n’aura pas besoin de travailler, comme sa mère. Tu vois. Je suis triste de cette idée dans sa tête. Alors je lui ai dit : “Mais qu’est ce qui te donnerait envie d’apprendre le français ?” Tu sais ce qu’elle m’a répondre ?

– Que si j’ai une prof de patin à glace qui parle français.

– C’est presque ça. Elle m’a dit : “Ok ! À une condition. Je veux une patinoire pour moi toute seule et tu n’as qu’à me trouver une prof qui parle français.”

– Ah d’accord ! Carrément !

– Carrément, comme vous dites ! C’est drôle cette mot ! Donc j’en parle à ma femme qui me dit que nous avons l’argent pour ça alors où est le problème à part trouver la prof. Je suis pas content que ma fille est comme ça. Je me dis qu’elle ne se rend pas compte de son chance. Mais comme je ne suis pas souvent là, je suis dans la compensation. Et puis ma femme elle fait tous ses caprices. »

Castille sentait une tristesse dans la manière de parler de Robert. En effet si sa fille avait été élevée dans cet environnement, elle ne pouvait pas se rendre compte de sa chance. On ne pouvait pas lui en vouloir.

« Donc je cherche une personne pour donner des cours de patinage à ma fille en lui parlant français. Je sais que c’est une envie qui lui passera le patinage, donc ce n’est pas pour devenir championne des États-Unis. Voilà ce que je cherche. Si vous êtes intéressée, on peut faire un essai d’un mois, vous êtes logée dans un appartement dans mon propriété, vous êtes payée bien sûr et vous faites ce que vous voulez les autres moments.

– Ah oui je vois. La patinoire est loin de chez vous ?

– Dans la propriété, à côté de la piscine et du haras si vous préférez. Pas de trajet à faire. »

Le téléphone de Robert se mit à sonner. Obligé de prendre l’appel, il fit un signe de tête à Castille pour s’excuser et sortit un court instant.

Castille en profita pour envoyer trois émojis à Nadège.

Nadège entra dans l’établissement quelques minutes plus tard. Elle fit quelques pas vers les présentoirs et acheta une boite de macarons. C’est en se dirigeant vers la sortie qu’elle « aperçut » Castille et lui fit un grand signe.

Castille prit son air surpris et lui fit signe de venir la voir.

De vraies actrices.

« Castille ! Qu’est-ce que tu fais là ?

– Je goûte avec Robert. Robert, je vous présente Nadège, une amie. Nadège je te présente Robert. »

Quand Robert vit Nadège, son regarde se mit à pétiller. Il se leva pour la saluer.

« Bonjour Nadège. Vous voulez prendre un gâteau ou quelque chose ?

– C’est gentil mais je ne veux pas vous déranger.

– Si on te propose, c’est de bon cœur.

– De bon cœur, c’est joli cette façon de dire. »

Nadège sourit à Robert tout en prenant place.

« Je suis pardon mais je vais pas pouvoir rester beaucoup. J’ai un rendez-vous avec les invalides.

– Oh vous travaillez dans le secteur médical ? Moi aussi, je suis infirmière. »

Robert lui répondit par un regard étonné. Castille avait compris le quiproquo.

« Robert vous voulez peut-être dire que vous avez rendez-vous dans le quartier des Invalides.

– Oui c’est ça. Tu vois je mélange les mots et on comprend pas ce que je veux dire. Mais c’est pas grave. Bon, “je pars comme un larbin” comme vous dites. Je suis désolé mais est ce qu’on peut se recontacter pour parler de ma proposition et se revoir avant mon départ ?

– Bien sûr Robert. Je vous fais un mail ce soir, avec plaisir.

– Merci. Ravie d’avoir fait votre connaissance et Nadège aussi.

– Robert ! Vous partez “comme un voleur” pas “comme un larbin” »

Robert éclata de rire.

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