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Le Souvenir

Episode 7

Je ne pus retenir un cri d’effroi. Il disparut. Alors que je me précipitais vers la porte d’entrée pour la verrouiller, quelqu’un frappa. J’eus le temps de tourner la clé et tremblante de peur je plaquai mon dos contre la porte. On frappa de nouveau.

« Qui est-ce ? » hurlai-je en proie à la plus grande panique.

Une voix me parvint depuis l’autre bout de la pièce. La fenêtre était grande ouverte. Je connaissais cette voix. C’était l’inconnu de la nuit.

« Bonjour, pardonnez-moi, je ne voulais pas vous faire peur ! Je peux entrer ? »

Sans attendre mon autorisation il enjamba le chambranle de la fenêtre. Comme je restais muette de stupeur, il reprit :

« C’est pas la place d’une femme seule toute seule un endroit pareil, vous n’avez besoin de rien ?

– Je… vais bien, merci.

– Vous ne vous ennuyez pas toute seule ?

– Non.

– Vous n’avez pas peur ?

– Peur de quoi ?

– Je ne sais pas, des bêtes, des bandits, de la nuit. Une femme ça a toujours peur de quelque chose, non ?

– Pas moi.

– C’est faux. Je vous ai fait peur, j’ai bien vu.

– En général quand on se présente au domicile d’une personne, on commence par frapper à la porte.

– J’ai frappé à la porte.

– Oui mais avant cela vous m’observiez par la fenêtre.

– Je ne vous observais pas, je vérifiais que vous étiez là.

– C’est pareil !

– Non c’est pas pareil. Si vous n’aviez pas été là, je n’aurais pas tapé à la porte

– Et si j’avais été absente mais que la fenêtre était ouverte, l’auriez-vous enjambée ?

– Oui. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs.

– Comment ça ?

– Je suis passé cet après-midi, vous n’étiez pas là, je n’ai pas frappé à la porte et je suis entré par la fenêtre qui était ouverte, comme je viens de le faire.

– Vous êtes entré chez moi par effraction ??

– C’était pas une effraction, c’était ouvert !

– Vous avez fouillé chez moi en mon absence ????

– Eh dites, ne montez pas sur vos grands chevaux. Qui vous dit que j’ai fouillé ? Ne m’insultez pas, je ne suis pas un voleur !

– Ok, je me suis un peu emportée, mais ça ne se fait pas d’entrer chez les gens en leur absence.

– Je vous ai apporté des citrons, il y a un quatre saisons pas très loin d’ici et il est plein à craquer en ce moment. »

D’un mouvement du menton, il indiqua la table basse rafistolée sur laquelle était posée une dizaine de citrons bien jaunes, je n’y avais prêté aucune attention en rentrant. Près des agrumes il y avait un torchon à carreaux fermé par les quatre coins. Je m’approchai et l’ouvris. Il contenait des figues violettes, une variété différente de celles de mon jardin. Enfin, une feuille de papier blanc contenait un beau fromage à la croûte fleurie.

Émue par cette attention aussi délicate qu’odorante, je le remerciai.

« C’est vous aussi qui avez déposé ma valise près du portail ?

– Vous n’auriez pas pu la redescendre toute seule.

– Merci beaucoup...

– Je m’appelle Batti et vous ? »

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